Accueil Unité de méthanisation Avant la réunion publique du 6 décembre, le collectif a visité l’installation de méthanisation de Brazey-en-Plaine

Avant la réunion publique du 6 décembre, le collectif a visité l’installation de méthanisation de Brazey-en-Plaine

2
262

L’installation d’une unité de méthanisation étant en projet sur le territoire de Quemigny-Poisot, cinq membres du collectif ont visité une installation de ce type, ouverte en 2014, à Brazey en Plaine, par la S.A.R.L. FEVRE.

M. Fèvre a accepté très gentiment d’ouvrir les portes de son installation et de leur servir de guide : un grand merci à lui pour son accueil chaleureux et la clarté de ses explications.

Le principe de la méthanisation

M.Fèvre compare ses installations à une grosse panse de vache qui ingère des « aliments » (fumier, lisier, déchets agricoles ou agro-alimentaires, maîs…) et les digère en produisant en retour du biogaz (méthane), des résidus solides et des résidus liquides.

Avant la réunion publique du 6 décembre, le collectif a visité l'installation de méthanisation de Brazey-en-Plaine dans Unité de méthanisation

Les deux digesteurs

Comment ça marche ?

  • Les matières liquides sont stockées dans des fosses avant d’être envoyées par une pompe dans un digesteur. Les matières solides sont introduites dans un incorporateur puis envoyées dans le digesteur par une vis sans fin. Les déchets d’origine animale des industries agro-alimentaires sont chauffés à 70° pendant une heure pour éliminer les risques de contamination par des bactéries.
  • La matière séjourne dans le digesteur pendant 40 jours puis dans un post digesteur. Elle est chauffée à 38°C et brassée. Le biogaz dégagé est stocké sur le dessus de la cuve, sous une bâche.
  • La matière issue du post digesteur, le digestat passe par un séparateur de phase qui produit une phase solide stockée en tas et une phase liquide (dont une moitié retourne dans le digesteur pour maintenir un taux de matière sèche inférieur à 10%, et l’autre moitié est stockée avant épandage)
  • Le biogaz est envoyé dans un moteur de cogénération pour être transformé en chaleur et en électricité.

 dans Unité de méthanisation                   

 

 

L’installation de Brazey

  1. Une installation imposante, occupant une surface au sol importante et comprenant plusieurs bâtiments techniques abritant en particulier deux moteurs de cogénération de 250 et 360 KW, trois énormes dômes recouverts de bâches en plastique (les digesteurs) , une cuve en béton ouverte à l’air libre de 2700m3 (pour les résidus liquides), un hangar de 12m de haut et différentes aires de stockage de matières (intra
    nts ou matière sèche résiduelle), une aire d’ensilage de maïs, et deux cuves enterrées pour recueillir les déchets à traiter. L’ensemble, desservi par deux voies d’accès est soigneusement clôturé.
  2. Des nuisances : un bruit de fond continu dû aux deux gros moteurs de cogénération, qui transforment le méthane en électricité. Et une odeur permanente avec, selon M.Fèvre, un pic d’odeur tous les matins au moment du chargement des intrants dans le système. Au moment de notre visite (sous la pluie mais en l’absence de vent), l’impact de ces nuisances ne dépassait pas les limites du site lui-même (à l’écart du village).
  3. Une production techniquement très sophistiquée, entièrement automatisée et pilotée par des ordinateurs qui assurent à la fois tout le processus de méthanisation et la gestion de la sécurité de toute l’installation, en liaison permanente avec l’installateur (allemand) du site. Ce dernier possède une antenne près de Rennes capable de fournir une assistance téléphonique permanente à l’exploitant. M. Fèvre se considère maintenant autant comme un industriel que comme un exploitant agricole.
  4. Un minimum de main d’œuvre, réduite à un équivalent temps plein : dans le processus de méthanisation lui-même, seul le remplissage de la fosse d’alimentation du système nécessite une intervention humaine chaque matin (1/2 à 1heure). Le reste du travail consiste à réceptionner ou collecter les matières premières chez les fournisseurs, surveiller les indications données par les ordinateurs et les systèmes d’alarme, assurer l’épandage des résidus secs et liquides obtenus, assurer l’entretien de la plateforme et des bâtiments. Un prestataire spécialisé s’occupe de trouver les fournisseurs capables d’alimenter l’usine en matières premières en permanence sans risque de pénurie : l’installation tourne jour et nuit et toute l’année et « mange » presque 30 tonnes d’effluents par jour. En complément, le GAEC Fèvre cultive aussi du maïs et d’autres « cultures intermédiaires à valeur énergétique » pour compléter et équilibrer la ration alimentaire de la méthanière : des surfaces agricoles sont donc détournées de leur destination nourricière pour alimenter un processus industriel, ce qui peut créer des problèmes comme en Allemagne (comme il est plus rentable de vendre son maïs pour la méthanisation que sous forme de nourriture, la terre cultivable est accaparée par les gros industriels qui n’ont pas manqué de prendre le marché des méthanières) .
  5. Une adéquation de l’usine avec son environnement proche : la présence de la malterie Soufflet, du centre équestre «le Galopin », du lycée agricole de Tart-le Bas et de l’èlevage bovin (55 vaches laitières) du GAEC Fèvre, permet à l’usine de méthanisation de se fournir en matières premières (résidus de céréales, fumier, lisier, restes de cantines…) directement sur place. Mieux, la chaleur produite par la méthanisation est utilisée en retour, en partie par l’usine de méthanisation elle-même et le reste directement grâce à 1km200 de réseau de chaleur par la malterie qui en a besoin pour chauffer ses propres cuves. Cette collaboration « gagnant-gagnant » entre la SARL Fèvre et la malterie a d’ailleurs été totalement déterminante pour la création de l’usine de méthanisation. Par contre l’installation de Brazey n’accepte pas les boues de la station d’épuration, ni les déchets verts ou forestiers (la présence de cellulose est inadéquate)
  6. Financièrement le projet semble intéressant puisqu’en 2016 la SARL Fèvre a agrandi ses installations, pour passer de 7500t à 11000t de déchets traités (construction du troisième digesteur et acquisition d’un deuxième cogénérateur plus puissant), une opération réalisée cette fois sans aucune subvention (coût : 1 450 000 €).
    L’installation de départ avait coûté 2 750 000 € moins une subvention de l’ADEME de 733 254 € et une subvention du Conseil Régional de 125 000 €.

En conclusion

L’usine de méthanisation de Brazey en Plaine :

valorise des déchets produits localement

réutilise les résidus liquides de l’usine sur place, grâce à un plan d’épandage de 800 ha et les résidus solides sous forme d’amendement des terres

revend toute la chaleur produite directement à la malterie, sans perte d’énergie

produit du biogaz entièrement transformé en électricité revendue à ENEDIS à un prix avantageux.

Même si des nuisances olfactives sonores et visuelles existent, l’installation de cette méthanisation, sur le territoire de Brazey, semble donc avantageuse.

MAIS l’installation d’une telle usine de méthanisation sur le territoire de Quemigny-Poisot est-elle aussi pertinente ?

 La question reste entière.

 

 

Charger d'autres articles liés
Charger d'autres écrits par quemignyclemencey
Charger d'autres écrits dans Unité de méthanisation

Laisser un commentaire

Consulter aussi

Et le PLU dans tout ça ?

LA MODIFICATION DU PLU ET SES CONSÉQUENCES Quemigny-Poisot dispose depuis 2005 d’un « plan…