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Projet d’élevage porcin : la réunion du 16 novembre dernier

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Compte-rendu de la réunion du vendredi 16 novembre 2018

Une trentaine de personnes, dont quelques habitants de Clémencey (prévenus le matin même par un panneau) étaient présentes à cette réunion, animée d’une part par Sébastien TRAPET et Nicolas TRAPET,  les deux jeunes exploitants agricoles de Semezanges porteurs du projet d’élevage porcin et d’autre part par Christian ROUSSEL, maire de Quemigny-Poisot.

La réunion a débuté par une brève présentation du projet par Sébastien et Nicolas, avec sur écran une photo aérienne permettant de visualiser la zone précise d’implantation de l’élevage, suivie de deux courtes vidéos montrant deux installations similaires déjà réalisées dans d’autres régions et qui donnent toute satisfaction aux éleveurs qui les exploitent.

La parole a ensuite été donnée aux participants, ce qui a donné lieu, pendant deux heures, à un flot ininterrompu de questions, dans une ambiance assez tendue : de nombreuses inquiétudes se sont exprimées quant aux nuisances éventuelles (trafic routier, odeurs, bruits des animaux, taille du site, alimentation en eau…) et aux conséquences de la modification du PLU induite par cette installation.

Un pot de l’amitié a clôturé la soirée

 

RESUME DES ECHANGES

1  -  IMPLANTATION ET FONCTIONNEMENT DE L’ELEVAGE

Sébastien et Nicolas ont expliqué avoir étudié plusieurs emplacements possibles : à Chamboeuf (où il n’y a pas eu accord avec le propriétaire du terrain), à Semezanges (où la proximité du captage de Montchaloin a été rédhibitoire), à Quemigny-Poisot (sur un emplacement trop visible et, de toutes façons, en zone naturelle protégée). Leur choix s’est finalement porté sur une autre zone de Quemigny-Poisot, le long de la route de Poisot, un peu après le relais de télévision, où Nicolas et Sébastien disposent d’un vaste terrain de 15 hectares, quasiment plat et facile d’accès.

Un vaste hangar pour la paille, une fosse à fumier et deux bâtiments de 900 et 400m2 vont être construits, en recul de la route (environ 40m) et perpendiculairement à celle-ci.

Un agrément environnemental a été obtenu en collaboration avec la communauté de communes.  Des arbres, dont sans doute des fruitiers, doivent être plantés pour l’ombre et des haies sont prévues pour dissimuler le site à la vue.

Les truies seront au nombre de 48, dont 40 en moyenne seront productives (2,2 portées en moyenne par an). La gestation des truies se fait en bâtiment fermé. La production se fait par rotation, et devrait atteindre à terme 800 cochons par an : environ 400 porcs seront donc présents simultanément sur le site (en plus des truies). Les mères et les porcelets, logés dans des petites cabanes ouvertes sur des enclos extérieurs, pourront évoluer en toute liberté à l’air libre pendant 6 semaines. Les porcs seront vendus à 3 mois ou engraissés en bâtiment sur aires paillées pour être vendus à 6 ou 7 mois. Le projet prévoit, dans un futur non déterminé, l’ouverture d’un espace de vente plus local. Les mêmes truies sont conservées pendant 4 ou 5 ans.

L’élevage ne produit pas de lisier mais seulement du fumier, placé dans une fosse, et entièrement transformé en compost destiné à enrichir les terres de l’exploitation. Chaque année 150 tonnes de paille seront utilisées.

L’élevage sera complètement Bio. Pour l’instant, les cultures produites sur l’exploitation n’étant pas Bio, il faudra acheter la nourriture des porcs à l’extérieur. Mais l’objectif des porteurs du projet est bien de reconvertir en Bio toute l’exploitation agricole pour pouvoir nourrir directement leurs animaux avec leur production.

Il n’est pas prévu à priori de système de récupération d’eau de pluie sur le site, car les animaux doivent boire une eau garantie de bonne qualité. La communauté de communes a donné son accord pour un raccordement au réseau public d’eau potable mais il n’a pas été possible, au cours de la réunion, de connaitre le volume d’eau annuel nécessaire à l’exploitation. Après recherches auprès de sites d’élevages équivalents, le chiffre de 1300 litres par porc produit peut être retenu (source INRA). Donc pour 800 porcs (plus les truies) il faut prévoir une consommation annuelle de plus de1000 m3.

Les travaux de terrassement et de bâtiments pourraient débuter au printemps 2019,  permettant l’arrivée des premiers cochons au mois de septembre suivant.

2  - LA MODIFICATION DU PLU

La taille de l’élevage porcin (plus de 49 porcs), fait que celui-ci rentre dans la catégorie des ICPE ou « installations classées pour l’environnement »

Le 24 septembre 2018, le conseil municipal a voté la levée de l’interdiction des ICPE, ou « installations classées pour l’environnement», dans toute la zone A du PLU (zone agricole).

La conséquence c’est que dorénavant toute la zone A pourra recevoir des ICPE. Certaines personnes présentes à la réunion ont fait part de leur inquiétude devant le risque de voir se développer de telles installations classées partout dans la zone A de la commune (élevages en batterie, poulaillers etc…). Le maire pense au contraire que c’est mieux de recevoir des ICPE qui sont mieux encadrées par la loi et mieux contrôlées par l’administration que les plus petites exploitations. Refusant de considérer ce changement radical du règlement comme une perte de protection pour la qualité de vie des habitants, le maire a minimisé les risques et a indiqué qu’il favoriserait par principe, toute nouvelle installation d’exploitants agricoles, synonyme pour lui de développement économique. Les participants n’ont évidemment pas été rassurés par ces propos…

Ils ont demandé que l’interdiction d’installation des ICPE ne concerne pas toute la zone A mais seulement les parcelles où l’élevage porcin doit s’installer. Un aménagement du PLU similaire a déjà été fait en zone N où des possibilités de construire des abris pour animaux ont été accordées mais seulement sur de petites parcelles bien délimitées (Na), et non accordées sur l’ensemble de la zone N.  Le maire n’est pas favorable à cette solution.

EN CONCLUSION

Les personnes présentes à la réunion sont globalement prêtes à faire confiance à Nicolas et Sébastien, deux enfants du pays qui ont indiqué par ailleurs vouloir garder une exploitation à « taille humaine ». Le fait qu’il s’agisse d’un élevage Bio et en plein air (au moins en partie), plaide en sa faveur. Le public n’a cependant pas été totalement rassuré sur l’absence totale de nuisances olfactives, malgré l’éloignement relatif de Quemigny et de Poisot, situés respectivement à 1km200 et 1km de l’exploitation (distances à vol d’oiseau des premières maisons). La modification du PLU reste par contre un gros sujet d’inquiétude…

 

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